Critiques

Renée CARVALHO

Critique d’art

La revue Moderne des arts et de la vie – 1er juin 1953
Exposition du C.E.D.A.L

Paul Verbois, un jeune puisqu’il compte tout juste vingt-quatre ans, a fait un gros effort et son envoi permet tous les espoirs car il est plein de promesses. Tantôt un paysage rappelant les estampes japonaises est d’une fraîcheur charmante, tantôt une femme en costume bigarré a un caractère très décoratif. Puis une nature morte claire et lumineuse montre qu’il a un sens précis des valeurs, et une composition affirme par sa solidité que, si parfois il se montre un peu avare de matière, il peut en travaillant dans ce sens produire des œuvres non seulement harmonieuses mais substantielles.

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Toile présentée lors de l’exposition

Henry BULAWKO

Critique d’art

Revue et art contemporain – 1959
À l’occasion de sa première grande exposition au Triptyque

Si l’art abstrait apparut à une certaine période, comme le sommet de l’audace, il se présente aujourd’hui chez certains jeunes peintres, comme une tangente. Il permet de « tricher » et souvent de dissimuler l’absence d’une personnalité bien marquée.

L’audace consiste à présent pour un jeune à s’attaquer franchement au paysage et au portrait.

Une telle entreprise n’est pas sans danger, car là on ne peut tricher. Les faiblesses, le plagiat se remarquent aussitôt.

Paul Verbois n’a pas cherché à faire original, ou plutôt il a situé l’originalité dans sa conception de la peinture. Ayant découvert les beautés du paysage montois, de ses forêts et de sa côte, il lui a consacré, pour l’essentiel, sa première exposition parisienne, à la galerie « Le Triptyque ».

La critique a été unanime pour louer les qualités picturales de ses toiles, sur lesquelles l’artiste a su reproduire les nuances du ciel et de la mer de Vendée, l’élan des barques prêtes à affronter l’Océan.

Sur les arbres on sent passer le souffle du vent qui soulève le sable des dunes orangées.

Paul Verbois a un tempérament romantique qu’il maîtrise, qui le guide dans le choix de ses sujets, le regard porte toujours au-delà de l’horizon, au-delà du sujet central. L’article se termine ainsi :

Le départ est bon, nous attendons les œuvres qu’il nous promet, convaincus de n’être pas déçus.

Paul Verbois – Exposition Triptyque
Exposition au Triptyque

Extrait du livret de l’exposition Katia GRANOFF – 1976

VERBOIS est-il un nouveau peintre ?

On sait qu’il n’y a point aujourd’hui d’œuvre d’art qui puisse être consacrée comme telle, si elle n’est pas tenue pour nouvelle. Et pour bien comprendre ce concept-clé, ce concept-fétiche de nouveauté sur lequel repose tout le goût moderne, il ne faut pas hésiter à remonter non seulement à Baudelaire, mais à Hegel.

La critique a été particulièrement élogieuse pour la sûreté d’un talent affirmé, sa rectiligne audacieuse ne renie pas les élans spontanés de la poésie que l’artiste ressent devant les paysages vendéens et l’infini de la mer, aux tons délicats.

Son enfance a pour cadre la mer et les ports de pêche, les forêts et les clochers des petits villages blancs qu’illumine le soleil généreux de Vendée. Au contact d’une nature riche en nuances, la sensibilité de l’artiste vibre et c’est par la gouache et la peinture à l’huile qu’il s’exprime dans une œuvre dont le départ remonte à la prime jeunesse.

Son évolution dans un milieu artistique guide ses premiers pas.

Durant ses années d’études (arts appliqués), il s’intéresse à la fois à la sculpture (taille directe), la peinture décorative, la fresque (peinture à la colle) – Ateliers : Beaux-Arts.

Les amateurs et collectionneurs d’art ont accueilli chaleureusement ses expositions.

Est-il un tachiste ? Comme l’expression à la mode aime à les définir. Non spontanément, mais par discipline ; des taches de couleurs isolées graphiquement règlent un ensemble d’expressions figuratives. Il n’est pas un peintre nouveau. Ses maîtres, Jacques Villon et Georges Braque, l’ont-ils marqué ? Il semble que la nouveauté, la modernité de ce peintre est d’avoir par sa sincérité, avec joie, exprimé le mouvement et les rythmes de son époque en se basant sur cette philosophie qui pourrait se résumer par cette formule : je peins donc je suis.

Paul Verbois exposition galerie-katia-granoff-1976

André WÉBER

Historien d’art & directeur de la revue Vision

Exposition Katia GRANOFF – 1976

S’il est vrai que l’art naît de difficultés à vaincre, selon l’aphorisme d’un maître fameux. Je n’hésite pas à écrire que Paul VERBOIS a su les vaincre, en sa quête, sans s’embarrasser de formules compliquées ou fumeuses !

Simplement, en toute probité, à force de patience, de labeur. Bref, il est peintre totalement, existentiellement, naturellement ! Comme par enchantement, ses toiles, ses gouaches, ses dessins ou ses lithographies, ne gardent nulle trace d’effort.

Il a poursuivi, avec une attentive dilection, un combat de tous les instants pour mieux appréhender ces réalités secrètes qui échappent à notre œil, dissimulées qu’elles sont en harmonie des choses.

Marines flamboyantes, scènes de marchés fixées en l’instantanéité de leur grouillante animation, cirques étoilés, bouquets aux senteurs subtiles, Paul VERBOIS prête courtoise eurythmie à telles « imageries » intensément ressenties, longuement méditées … préméditées ! Pourquoi non ?

Son écriture est aérienne, son style à hauteur de prétexte, jamais approximatif, parfaitement expressif, son art généreux de sève chaleureuse.

D’origine vendéenne, avec des attaches vosgiennes, Paul VERBOIS s’affirme tel un artiste authentique, n’ayant jamais triché, en tête d’une phalange qui donne primauté au spirituel, à la beauté, au charme pur.

Paul VERBOIS est peintre, je le proclame. Un peintre de haute tension spirituelle, car il a foi en l’honneur et sa destinée.

Paul Verbois- 1976 – Exposition Katia Granoff
Exposition Katia Granoff

Extrait du livret de l’exposition Katia GRANOFF – 1976
Pour saluer Paul VERBOIS

Ô cadences foudroyantes ! Ô rythmes elliptiquement ciselés ! Ô portes du bonheur d’être ! Fenêtres ouvertes sur l’intensité de la joie naturelle ! Ô expression du dedans ! Ô miroir des vérités essentielles ! Paul VERBOIS je vous salue en l’empyrée de votre maîtrise, au seuil des élégies profuses en vos œuvres si pures de pointe, d’effusion et de certitude ! Donnez-nous féerie, justification et que vos palettes se fardent des couleurs de l’azur !

Henri HÉRAUT

L’amateur d’art – 25 novembre 1976
Exposition Katia GRANOFF

Nous ne savons vraiment pas ce qu’il faudrait ajouter, en fait d’éloges après avoir lu le catalogue débordant des citations des principaux critiques parisiens augmenté des pensées de Ingres, Michelet, M. Denis, etc. Il est d’ailleurs très difficile de décrire, avec quelque justesse, l’art de Verbois fait tout de spontanéité brusque, imprévue.

D’un pinceau, constamment, miraculeusement inspiré, il se lance à l’attaque de la toile et il en sort soit des voiliers légers, aériens, sujet de prédilection. Soit des coins de bois poétiques ou même de charmantes jeunes femmes abusées sur la plage.

Malgré cette explosion de touches désinvoltes, on ne sait comment il se débrouille, mais il parvient sans cesse à constituer finalement un tout harmonieux, souvent presque abstrait qui vous envoûte.

Jean-Louis RENARD

Galieriste de la galerie du Musée

Exposition à la Galerie du Musée – 1983

« Liberté, Paix et Fraternité » … telle pourrait être la devise de Paul Verbois.

Pour lui avoir sacrifié, il aura presque oublié le Temps qui passe, se consacrant à la Quête de lui-même et celle de nouvelles lumières et matières, lesquelles sont savoureusement posées.

Heureusement, le fait de « s’acoquiner » avec un directeur de galerie l’a rappelé à la réalité des expositions et celle-ci vaudra une surprise bien agréable à ses nombreux admirateurs.

Qu’il soit abstrait lyrique ou tachiste figuratif (?), son travail empreint de sensibilité est fortement vivant et lumineux.

Les amoureux inconditionnels de la Vendée ne s’y tromperont pas et percevront sans difficulté mais avec une intense émotion le message que Paul VERBOIS nous transmet au travers de son œuvre.

Paul Verbois Exposition Galerie du Musée
Exposition à la Galerie du Musée

Claude DORVAL

Profils des arts – 1983
A propos de l’exposition à la Galerie du Musée

Paul Verbois est un maître du vrai. Jamais il ne triche avec son motif. Il le réinvente avec forces détails précis. Son style se meut entre réalisme poétique et l’expressionnisme le plus subtil. Ce peintre engagé nous propose une vision sereine et lyrique du monde. Il domine son sujet sans grandiloquence, mais avec vérité, car il sait que la splendeur du vrai est la clé de la beauté. Paul Verbois est un artiste discret, soumis à l’exigence des formes et des couleurs. Il est maître de son art. Quel compliment !

Paul Verbois Invitation Galerie du Musée