Paroles de peintre
Le propre d’être peintre, c’est justement d’être toi, de peindre comme tu le sens, voilà !
Mais à toi justement d’aller dans ta vérité. … et plus tu travailles et plus tu vas loin.
À partir d’un moment le succès est très mauvais dans le sens de la vérité.
Moi au départ, je n’ai jamais peint pour vendre.

Presse Océan, août 1973
Paul VERBOIS : la peinture à cœur ouvert
« Sans voiture, sans montre ; formidable…
Je suis entre deux zones de célébrité : connu mais pas encore très célèbre. Je vis à Paris où j’expose à la Galerie Druand, principalement. Je travaille surtout pour le Japon. La peinture c’est le plus beau des métiers de création. Je fais ce que je veux. Buffet, lui, devait peindre une toile par jour pour sa galerie. C’est ce qui l’a coulé. Et puis, il faut savoir se serrer la ceinture, ne pas faire la java.
A l’île d’Yeu, je me suis replongé l’œil dans la vision directe. On redécouvre l’objet et on est tenté de le suivre avec davantage de réalisme. Comment j’opère ? Je commence par tacher pour déterminer des impressions. C’est un art d’évocation qui n’est pas la représentation serrée. Il faut y faire rentrer un certain graphisme pour ne pas que ce soit complètement abstrait.
Je ne veux pas faire de l’abstrait pur. Je veux arriver à donner aux gens la possibilité de faire réagir leur imagination sur des éléments déterminés.
Il faut donner à voir.
Une toile doit être pensée. Le peintre, c’est un œil, une main et aussi une tête. Il faut dépasser l’impression qu’on reçoit, la mûrir intellectuellement, la donner sur une toile avec son impression imaginative. Je joue avec l’influence ambiante.
Chaque tache doit être bloquée dans une harmonie. Il faut beaucoup travailler pour arriver à l’informel. Disséquer et garder la forme ; c’est un grand travail de synthèse. Rechercher l’équilibre le plus intéressant. La peinture, avant tout, c’est une question de temps.
J’ai mis vingt ans pour arriver à faire le lien entre mes gouaches et mes huiles. Je recherchais ce tout.
Devant une toile vierge, je suis toujours aussi tremblant. L’autre moment passionnant c’est quand on reprend la toile après l’avoir lâchée. La gouache est spontanée, on ne la reprend pas. »
